Il existe un repas que presque personne ne raconte

par yannickcostechareyre
Réflexions

S’asseoir seul, dans un lieu qu’on ne connaît pas, pour manger.

Pas de conversation à tenir.
Pas de rôle à jouer.
Juste soi, une table, et un endroit qui ne sait rien de nous.


Un moment sans public

Chez soi, manger seul passe inaperçu.

En voyage, ce même geste devient visible — à ses propres yeux, avant même ceux des autres.

On s’observe.
On observe le lieu.
On observe ce que l’on ressent à n’être personne d’autre que soi-même, sans témoin pour le confirmer.


Ce que le silence permet

Sans échange à entretenir, quelque chose se libère.

– le regard se pose plus longtemps
– les bruits deviennent audibles
– les pensées, elles, ralentissent enfin

Ce silence-là n’est pas un vide. C’est un espace qui se dégage.


La gêne, puis autre chose

Les premières fois, une gêne s’installe — celle de sembler seul, comme si c’était un manque.

Puis, souvent, elle se dissout.

Ce qui reste ressemble à une forme de liberté simple : celle de n’avoir de comptes à rendre à personne, pas même à soi.


Ce que ce moment révèle

Un repas pris seul, loin de chez soi, dit quelque chose de la manière dont on habite sa propre présence.

Certains le fuient.
D’autres finissent par le chercher.

C’est peut-être là, à une table inconnue, que le voyage commence vraiment à nous appartenir.

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